La charité avec un sourire

Date de publication: 14 février 2020

Entretien avec le Président général international de la Société de Saint-Vincent-de-Paul dans le journal quotidien L’Osservatore Romano

 

Les pauvres, l’environnement et les projets sociaux, ainsi que les jeunes, l’organisation et un présence renouvelée sont quelques thèmes abordés lors de la visite en Italie du Président international de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, Renato Lima de Oliveira, qui a participé à la rencontre du Conseil national de la SSVP, tenue à Rome, qui a reuni des dizaines de représentants des conférences régionales.

Lors de l’entretien avec le journal, Lima de Oliveira, en fonction depuis 2016, a fait le bilan de sa présidence général et a parlé de ses projets pour les trois prochaines années.

« Je remercie le Président national, Antonio Gianfico, et son groupe de travail d’avoir tracé des chemins en accord avec les objectifs de la société internationale, allant de la sensibilisation et du développement d’une conscience de l’associationnisme laïque à l’effort d’adaptation de ses statuts aux nouvelles lois italiennes. », a-t-il déclaré, soulignant, entre autres, le travail de la Fédération nationale italienne de la Société de Saint-Vincent-de-Paul qui met toujours au point des campagnes, des projets et des communiqués. 

Quelle est l’importance du mot « collaboration » pour la Société de Saint-Vincent-de-Paul, présente dans tant de régions du monde? 

C’est essentiel. On est tous des bénévoles qui travaillent sans salaire ni rémunération. C’est pourquoi on pense que travailler ensemble au service des pauvres est la plus grande force de nos groupes et de chaque branche vincentienne. La collaboration est dans notre sang, dans notre ADN. Un Vincentien qui ne collabore pas avec l’Église, les politiciens ou la presse, par exemple, ne pourrait pas faire autant. On ne peut rien faire tout seuls. On doit chercher d’autres groupes, d’autres personnes et d’autres organisations pour améliorer la vie des gens, parce que la misère est vraiment très grande. Mais je ne parle seulement de la pauvreté matérielle, mais aussi de la pauvreté spirituelle. 

Quel est votre souhait pour 2020? 

Cette année, on va travailler sur la santé mentale. De plus, chaque année, on étudie l’oeuvre de l’un de nos sept fondateurs et, en 2020, on approfondira la vie de Félix Clavé, qui a souffert de dépression, de harcèlement et du drame de l’amour non partagé. Il était comme nous: un fondateur, un saint, mais pas imbattable ni inaccesible. Cette année, les Vincentiens se consacreront à cette cause pour lutter contre les problèmes de la dépression, de la drogue, du suicide et de la mélancolie. Ce sont les nouvelles formes de pauvreté. Ce sont des misères spirituelles qui détruisent les familles et les jeunes. Les gens n’ont plus d’espoir, ils ne veulent plus rien, les familles ne veulent plus avoir d’enfants. C’est comme ça partout dans le monde, mais si l’on continue dans cette voie, c’est la fin du monde. Les Vincentiens doivent racheter cette dignité de l’esprit au sein des familles, en particulier les plus démunies. 

Quel est votre plus beau souvenir de ces années chez la SSVP? 

Le sourire du Vincentien. Je pensé qu’un Vincentien triste n’est pas un Vincentien. Quand on va chez un pauvre, notre premier geste est un sourire. Je pense que c’est de la charité. La charité ne consiste pas à offrir un panier de nourriture, de vêtements ou de chaussures. Pour moi, tout est charité, surtout un sourire. Si le monde souriait davantage, il seriat certainement meilleur aujourd’hui. 

Y a-t-il une expérience qui a changé votre vie? 

Quand je suis allé pour la première fois chez une famille démunie au Brésil, ce fut le coup de foudre. J’avais 15 ans. À ce moment-là, je me suis dit que c’est ce que j’avais voulu faire toute ma vie: servir le Christ et l’Église de cette manière. L’Église offre de nombreuses possibilités: action pastorale, des services… Mais je suis resté chez la Société de Saint-Vincent-de-Paul grâce à la charité, la prière, l’amitié, la fraternité et l’épanouissement spirituel. Je crois que tous ces éléments nous unissent, et c’est pourquoi je me sens partie intégrante. Cette famille démunie a marqué ma vie car, dès lors, je me suis dit: «  C’est ma place, c’est ma vie, je veux rester ici jusqu’à la fin de mes jours.  » 

Parlons des nouveaux projets en cours… 

On en a beaucoup. Il est prévu d’étendre la Société de Saint-Vincent-de-Paul à, au moins, quinze pays. On a de nombreuses initiatives qui concernent les jeunes, car notre institution compte peu de membres dans de nombreux pays. Les générations à venir pourraient renouveler notre société. On va publier des manuels et, avec les prêtres, on va travailler aux côtés des jeunes qui sont sur le point de recevoir le sacrement de confirmation, tout en veillant à ce qu’ils rejoignent les groupes vincentiens. Suite à la demande du conseiller spirituel national, le père Francesco Gonella, on va organiser une rencontre internationale pour renforcer la formation des jeunes.

 

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