Un programme de formation professionnelle au Sud-Soudan

Date de publication: 9 janvier 2017

Des projets de développement au sein d’un contexte politique et humanitaire difficile

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud continue de faire face à une grave crise politique déclenchée en 2013 ayant très fortement affaibli son économie et sa population, aujourd’hui démunie de tout capital humain (les conflits ont détruit les familles) et intellectuel (le taux d’analphabétisme est grandissant). Dans ce contexte d’instabilités politique et économiques, l’aide au développement est très peu présente et la priorité des bailleurs de fonds est l’aide d’urgence.

Malgré cette crise humanitaire d’envergure, la SSVP résiste. Contrairement aux ONG d’urgence, elle tente d’apporter une réponse dans la pérrenité. Elle s’efforce de faire vivre ses initiatives de développement qui favorisent la résilience et la reconstruction des populations sur le long terme : écoles maternelles, centres pour orphelins, centre de nutrition, et centre de santé, centre de formation professionnelle…

Le CFPDC* : une contribution à la paix et à la reconstruction du pays

En 2009, la Société de Saint-Vincent-de-Paul en partenariat avec ASASE a inauguré un Centre de Formation Professionnelle de qualité visant à favoriser l’insertion professionnelle. Situé dans la communauté de Lologo, à Juba, la capitale du Sud-Soudan, le programme mis en place par la SSVP dispense des formations mises en place pour répondre aux besoins du marché Sud Soudanais. Il forme des professionnels aux métiers de base dans les secteurs de la construction, de la mécanique et de l’agriculture (entre autres). L’objectif principal est que ces jeunes soient directement employables sur le marché après neuf mois de formation.

Young south sudanese studying

Parallèlement, le centre vise à renforcer les capacités personnelles et collectives de ses bénéficiaires à travers son programme de “vivre ensemble”. Plusieurs ateliers participatifs sont organisés régulièrement traitant de sujets comme la résolution de conflits, la diversité ethnique, religieuse ou culturelle, les droits de l’homme, le respect du pluralisme etc.

Même si les indicateurs de mesures d’impact sont compliqués à définir en raison de la situation conflictuelle sur place, le programme a montré ses impacts positifs sur le long terme. Selon le rapport d’évaluation du programme effectué en 2016 par un consultant externe de l’ONG partenaire du projet, ASASE : “les observations sur le terrain permettent d’affirmer que le programme de formation professionnelle a un très grand impact sur la population jeune, peu formée et issue de milieux vulnérables qui bénéficie des cours, ainsi que sur leurs familles proches qui jouissent indirectement des revenus liés aux emplois obtenus. De plus, un autre impact positif de long terme est directement lié au fait que les jeunes formés ont une perspective d’avenir autre que le recours à la violence ou à la guerre”.

Betram, un Sud-Soudanais au service de son pays

Betram Gordon Kuol est Sud-Soudanais et membre de la SSVP à Juba depuis presque dix ans. Il est actuellement coordinateur de la région Africa 2 (Erythrée, Ethiopie, Soudan, Soudan du Sud, Botswana, Namibie, Lesotho, Afrique Du Sud, Swaziland, Angola, Cap Vert, Guinée Bissau, Mozambique, Sao Tome & Principe). Parallèlement à son rôle de coordinateur international, Betram Gordon est responsable du programme de formation depuis sa création et réalise ce travail par pure vocation, au service de ses prochains, sans compter ses efforts. Il nous donne un message d’espoir à travers ses vœux pour l’année 2017 :

« Au Sud-Soudan ces dernières années, les gros titres de la presse n’ont fait été que des conflits politiques associés aux meurtres, aux déplacements de populations, aux atteinte des droits de l’homme, à la corruption, l’inflation galopante, l’insécurité alimentaire, et la famine qui affecte plus de la moitié de la population. Malgré ce sombre tableau, si vous regardez le travail de la SSVP, vous verrez des enfants qui reçoivent de la nourriture, des adultes démunis bénéficiant de soins médicaux gratuits, tout ceci montrant que les efforts fournis permettent d’avoir une population en meilleure santé, une société plus autonome et auto suffisante, plus résistante et plus productive. Tout cela arrive parce que des personnes sérieuses et généreuses de cœur, comme vous et moi, retroussent leurs manches pour faire du  plaidoyer, lancer des collectes de fond et des programmes de développement  qui améliorent les conditions de vie des plus défavorisés. Pour cette nouvelle année, rappelez-vous que vous avez toutes les raisons d’être debout et fier du travail important que vous réalisez en donnant de l’espoir et en sauvant de nombreuses vies perdues. Bonne et sainte année 2017. 

*Centre de formation professionnelle et de développement communautaire

**Association suisse des Amis de Soeur Emmanuelle

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