Le commandement de l’amour

Date de publication: 19 mars 2020

La devise internationale adoptée par la Société de Saint-Vincent-de-Paul en 2013 (« Amour, Charité et Justice ») l’a été dans le but de célébrer le 200e anniversaire de la naissance du co-fondateur de la Société, le Bienheureux Frédéric Ozanam, et le 180e anniversaire de la fondation de la Société. Dans cette réflexion, nous développerons le thème: le Commandement de l’Amour, qui, en réalité, est le commencement de tout.

En raison de la manière dont ce thème est traité dans les différents moyens de communication, de nombreuses personnes considèrent l’amour comme de simples relations personnelles entre les personnes et confondent donc le noble concept avec la gentillesse, l’estime et le sexe. Ici, cependant, nous parlons d’une « autre forme d’amour », l’amour de Dieu envers l’humanité, un amour inconditionnel, un amour parfait, un amour immense et inébranlable.

Le « commandement d’amour » proclamé par Jésus a deux dimensions: une dimension verticale (notre amour de Dieu) et une dimension horizontale (notre amour pour notre prochain, pour nos frères et sœurs). Jésus nous a enseigné: Voici mon commandement: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous aime. Personne n’a un plus grand amour que cela, donner sa vie à ses amis.» (Jean 15: 12-13).

Jésus-Christ, notre Sauveur, a fait de l’amour le centre de la vie. Jésus savait que les gens ne pouvaient être satisfaits et heureux qu’au moyen de l’amour. Par conséquent, Jésus a fait de l’amour le premier et le plus grand commandement: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit; le second: tu aimeras ton prochain comme toi-même (Luc 22: 37-39). Ces deux commandements sont le fondement de la vie chrétienne et vincentienne.

Dans l’évangile de Jean, nous découvrons le sens du mot « amour »: car  « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jean 3: 16-17).

Dans la première lettre de Jean, nous trouvons l’origine de cet amour: car  « c’est le message que vous avez entendu depuis le début: nous devons nous aimer les uns les autres » (1 Jean 3:11). Plus tard, Jean déclare: « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu; quiconque aime est engendré par Dieu et connaît Dieu. Celui qui est sans amour ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4: 7-8).

Le Catéchisme de l’Église catholique nous en donne un aperçu supplémentaire. Dans les articles 2443-2449, nous enseigne la promesse de Dieu de bénir ceux et celles qui aident les pauvres et de la réprimande de Dieu de ceux et celles qui se détournent d’eux: « donnez à celui qui vous demande, et ne tournez pas le dos à celui qui veut emprunter » (Matthieu 5:42)… « vous avez reçu gratuitement; vous devez donner gratuitement » (Matthieu 10: 8). C’est par ce que les gens ont fait pour les pauvres que Jésus-Christ reconnaîtra ses élus. Le Catéchisme déclare: « Lorsque les pauvres leur ont prêché la Bonne nouvelle, c’est un signe de la présence du Christ » (Catéchisme de l’Église catholique, n ° 2443).

Afin de concrétiser la demande de Jésus de servir les pauvres, le Catéchisme poursuit en déclarant que les œuvres de miséricorde sont des actions caritatives par lesquelles nous aidons notre prochain dans ses nécessités spirituelles et corporelles. «  Instruire, conseiller, consoler, réconforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, tout comme pardonner et porter patiemment les torts infligés. Les œuvres de miséricorde corporelles consistent notamment à nourrir l’ affamé, à abriter le sans-abri, à habiller celui/celle qui est nu, à rendre visite aux malades et aux prisonniers et à enterrer les morts. Parmi tout cela, faire l’aumône aux pauvres est l’un des principaux témoins de la fraternité et de la charité: c’est aussi une œuvre de justice agréable à Dieu » (Catéchisme de l’Église catholique, n ° 2447).

Les évangiles et le catéchisme ne sont pas les seuls textes à discuter de cet amour divin. Nous trouvons cet amour exprimé dans la vie et le ministère de Vincent de Paul, Louise de Marillac, Frédéric Ozanam et tous les autres Serviteurs de Dieu, Bienheureux, Vénérables et Saints de la Famille Vincentienne.

En tant que membres de la Famille Vincentienne, nous devons nous abreuver à la source inépuisable de vertu et les exemples de sainteté de nos prédécesseurs… et nous pouvons le faire en étudiant et en réfléchissant sur la vie de ces hommes et femmes éclairés et en cherchant à comprendre et à donner vie à leurs caractéristiques les plus importantes alors que nous servons les personnes qui en ont le plus besoin.

Frédéric Ozanam et Vincent de Paul, par exemple, ont concrétisé l’accomplissement du commandement de l’amour par une action efficace pour alléger la souffrance des pauvres. Ils l’ont fait quotidiennement et nous, vivant au 21e siècle, pouvons et devons faire de même. Le plus grand défi pour les membres de la Famille Vincentienne mondiale est de vivre le charisme de la charité au milieu de ces hommes et de ces femmes qui souffrent et, en même temps, de donner vie et vitalité à notre spiritualité vincentienne dans l’environnement «mondain» dans lequel nous nous trouvons.

Cette réponse affective et efficace à l’appel de Dieu, ce mysticisme des pauvres est la mission première de tous les membres de la Famille Vincentienne. Nous devons suivre cette ligne directrice; sinon, nous perdrons notre identité. Parfois, nous découvrons que certains membres de notre famille sont plus préoccupés par d’autres charismes (méritoires, sans aucun doute). De tels chemins, cependant, conduisent à une vision déformée de la motivation qui a fait voir la lumière à la Famille Vincentienne, à savoir, un amour pour les pauvres, des visites à domicile et une forte spiritualité centrée sur Vincent de Paul et son héritage exemplaire.

Il n’est pas facile d’être chrétien aujourd’hui. Nos connaissances et collègues, dans la communauté ou à l’école, nous observent et nous interrogent fréquemment sur l’efficacité de nos activités. Vincent et Frédéric ont également été interrogé par leurs contemporains et ils ont su répondre avec amour et des gestes concrets, sans abandonner ni s’affaiblir. Nous devons être sages et saints pour répondre à l’amour de Dieu et pour tendre la main et servir gracieusement les hommes et les femmes pauvres, abandonnés et marginalisés.

Écrit par: Renato Lima de Oliveira

16e Président général de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

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