Lecture spirituelle – dimanche 20 mai 2018

Lecture spirituelle – dimanche 20 mai 2018

Date de publication: 14 mai 2018

Pentecôte                                                                                               

Lectures : Actes 2, 1-11; Co 12, 3b-7.12-13; Jean 20, 19-23

“Que la paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie aussi ».

Réflexion vincentienne

Ce dimanche, nous fêtons le Jour de Pentecôte, c’est-à-dire la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, avec Marie dans le cénacle.

Pendant longtemps j’ai essayé de comprendre la différence entre âme et esprit. Ce doute s’est étendu à un autre encore plus complexe : Comment pouvons-nous recevoir le Saint-Esprit à la Pentecôte, au Baptême et à la Confirmation et, en conséquence, comment pouvons-nous interagir avec Lui ? La Théologie enseigne que nous sommes faits de corps, d’âme et d’esprit. Dans 1T, 5, 23, Saint Paul nous dit : « Que le Dieu de la paix vous octroie une sainteté parfaite, que tout votre être, esprit, âme et corps soient conservés sans taches pour la venue de notre Seigneur Jésus-Christ !

Le corps et l’âme forment une seule nature, uniquement brisée par la mort. Le corps est mortel et se détériore. L`âme est immortelle et, au contraire, peut s’améliorer éternellement. L’âme (anima, en latin) est ce qui nous anime, nous donne la vie. L’âme est dotée d’intelligence et de volonté. Par conséquent, le corps sans âme ne serait pas complet, car il n’aurait pas le « souffle » de la vie. Si l’âme n’existait pas, nous ne serions pas à l’image et à la ressemblance de Dieu.

De la psychologie, nous savons que l’âme est la « psyché », composée de façon intégrale de ce que nous appelons « persona », « ombre », et « soi-même ». Ils existent dans notre psyché (ou âme) comme si c’était des couches.

La ‘persona’ (également traduite comme « masque », la couche la plus externe) est la forme sous laquelle nous nous présentons aux autres, pour qu’ils nous reconnaissent. Par exemple, dans notre travail, nous pouvons nous présenter comme des individus de faible foi, car l’ambiance nous y pousse. D’autre part, nous pouvons nous présenter avec une grande foi, car également, l’ambiance nous y incite, lorsque nous assistons à la réunion de la Conférence Vincentienne. Et nous cohabitons tranquillement avec ces deux types de manifestations en nous, sans en ressentir de la culpabilité (cela peut ne pas être un péché en soi).

L’ombre (la deuxième couche) conserve, même sans s’en apercevoir, nos frustrations, ce « que  nous avons de mauvais ». Notre ombre emmagasine, par exemple, les tristesses et les pertes que nous avons subies pendant notre enfance. Elles y restent, mais sont toujours prêtes à se manifester, même si nous ne voulons pas. C’est pourquoi le Pape Jean Paul II nous disait que « chaque personne est l’otage de sa propre histoire » et, par conséquent, nous devons être prêts à pardonner quand on nous fait du mal : nous ne savons pas ce que l’autre a subi dans son passé et quelle douleur il garde dans son ombre.

Au fond de notre psyché, se trouve notre soi-même (ou « self » comme cela est appelé en psychologie). On y trouve tout ce qui est bon en nous. On y trouve les joies et les expériences qui nous ont fait du bien pendant toute notre vie. Observons que l’ombre est une « couche plus externe » que celle du soi-même. C’est pourquoi, nous sommes souvent poussés à agir ou à réagir plus rapidement avec le mal ou la vengeance qu’avec le bien. C’est aussi pour cela que lorsqu’on nous fait du mal, il faut faire un effort additionnel, « respirer profondément » et chercher nos vertus les plus profondes, afin de réagir avec le bien.

Jusque-là, tout va bien. Mais, quelle serait la différence entre l’âme et l’esprit ?

L’âme et l’esprit ne sont pas des choses séparées : l’esprit est à l’intérieur de l’âme. Saint Paul insiste sur le fait que dans l’âme il y a un lieu où habite le Saint-Esprit : là se trouve l’esprit de la personne. Or, si nous utilisons les concepts de la psychologie que j’ai présentés plus haut, le Saint-Esprit ne réside pas dans la personne « (qui  n’est qu’un masque de ce que nous sommes et non ce que nous sommes réellement) ni dans « l’ombre » (où nous gardons notre mauvais côté). Le Saint-Esprit ne peut que résider dans le « soi-même », au fond de nous-mêmes, là où nous gardons nos vertus, nos joies, notre véritable « moi ». C’est pourquoi, pour atteindre le Saint-Esprit, pour parler avec Lui, nous devons aller au plus intime de nous-mêmes.

Mais quelle relation il y a entre tout cela et nous, en tant que Vincentiens ?

Nous avons l’habitude de dire que la visite au Pauvre est un évènement mystique de notre rencontre avec Dieu. Pour que cela ait lieu, la rencontre des corps (notre contact physique avec le Pauvre) n’est pas suffisante. La rencontre de notre « persona » avec la « persona » du Pauvre n’est pas suffisante non plus (et, encore moins la rencontre des « ombres »). Il est nécessaire que nous nous ouvrions tellement ! (que nous servions tellement !), que notre esprit rencontre et interagisse avec l’esprit du Pauvre que nous servons : dans ce cas, c’est la véritable union dans le Saint-Esprit qui a lieu ! Et ceci est très beau !

À la Pentecôte nous avons l’opportunité d’exprimer de façon ferme notre désir que le Saint-Esprit réside au plus profond de notre âme, en nous guidant vers le chemin de la sanctification, grâce à la rencontre intime et mystique avec le Pauvre.

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